Devant le Tribunal | Tentative de chantage : « Je n’ai obtenu ni argent ni rapport sexuel », reconnaît le prévenu

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Le mardi 27 octobre 2026, Bassi a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Ouaga I pour des faits de chantage au préjudice de trois jeunes femmes. Mamou, l’une des victimes, a été la seule à comparaître à l’audience. Le prévenu a reconnu les faits qui lui sont reprochés.

 

Courant septembre 2026, Bassi aurait exploité un groupe WhatsApp pour entrer en contact avec des jeunes femmes. Il les appelait en vidéo en apparaissant nu, avant de leur proposer de l’argent en échange de vidéos montrant leur nudité.

 

Une fois les vidéos obtenues, il refusait de verser les sommes promises. Il menaçait ensuite de publier les images intimes sur les réseaux sociaux si les victimes ne lui envoyaient pas de l’argent ou n’acceptaient pas d’avoir des rapports sexuels avec lui.

 

L’une des victimes, Naria, qui lui avait envoyé des vidéos dans l’espoir de recevoir l’argent promis, n’a finalement rien obtenu. Elle a alors dénoncé les agissements du mis en cause sur TikTok. Cette dénonciation a conduit à l’intervention de la BCLCC. Interpellé, Bassi a été conduit devant le parquet, puis placé à la MACO.

 

Des appels vidéo aux menaces de diffusion

 

À la barre, le prévenu a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Invité par le tribunal à expliquer son comportement, il a admis avoir contacté des femmes via un groupe WhatsApp et les avoir menacées de diffuser des vidéos de leur nudité si elles ne lui envoyaient pas d’argent ou n’acceptaient pas d’avoir des rapports sexuels avec lui.

 

Interrogé sur ce qu’il avait effectivement obtenu grâce à ces menaces, Bassi a affirmé n’avoir réussi à obtenir ni argent ni rapports sexuels. Le tribunal s’est alors étonné de son comportement, lui faisant remarquer qu’il donnait l’image d’un croyant et lui demandant pourquoi il se livrait à de tels agissements.

 

Pour toute explication, le prévenu a déclaré qu’il avait agi « juste pour le plaisir ».

 

Revenant sur le cas de Naria, le tribunal a voulu comprendre les circonstances dans lesquelles elle lui avait transmis sa vidéo intime. Bassi a expliqué qu’elle avait accepté de lui envoyer les images en échange d’une somme d’argent, mais qu’il avait refusé de la payer après les avoir reçues. C’est à la suite de ce refus qu’elle avait décidé de publier son numéro de téléphone sur TikTok.

 

Mamou raconte son expérience à la barre

 

Le tribunal a ensuite entendu Mamou, l’une des trois jeunes femmes concernées par la procédure et la seule victime à avoir comparu à l’audience.

 

À la barre, elle a expliqué que Bassi l’avait contactée sur WhatsApp par appel vidéo, en lui montrant sa nudité. Surprise par cette scène, elle avait immédiatement interrompu l’appel. Le prévenu lui avait ensuite demandé de lui envoyer des images de sa propre nudité.

 

Mamou a toutefois précisé qu’elle n’avait pas donné suite à cette demande. Elle n’avait donc pas été victime de chantage, contrairement à Naria, qui avait transmis une vidéo intime au prévenu.

 

Le procureur s’est ensuite intéressé à l’ampleur des agissements de Bassi, notamment au nombre de femmes qu’il avait contactées et aux sommes qu’il avait pu obtenir.

 

En réponse, le prévenu a déclaré avoir passé des centaines d’appels vidéo, tout en affirmant que les sommes reçues ne dépassaient pas 5 000 FCFA. Il a également reconnu n’avoir obtenu des vidéos intimes que de Naria dans le cadre du chantage dénoncé.

 

Au titre des réparations, Mamou a déclaré ne réclamer aucune indemnisation dans cette affaire.

 

Le parquet requiert 24 mois de prison, dont 12 mois ferme

 

Dans ses réquisitions, le ministère public a rappelé que trois victimes s’étaient signalées dans cette affaire, tout en soulignant que d’autres femmes pourraient avoir subi des faits similaires sans avoir souhaité se manifester.

 

Pour le procureur, Bassi cherchait à obtenir des vidéos intimes de femmes en leur promettant de l’argent, avant de recourir à des menaces pour tenter d’obtenir de l’argent ou des rapports sexuels.

 

Le représentant du ministère public a également relevé que, dans le cas de Naria, les vidéos n’avaient pas été publiées sur les réseaux sociaux, contrairement aux menaces proférées par le prévenu.

 

Au regard de ces éléments, le parquet a demandé au tribunal de requalifier les faits de chantage en tentative de chantage et de déclarer Bassi coupable. Il a requis une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois ferme, ainsi qu’une amende ferme de un million de FCFA.

 

Bassi condamné à six mois de prison ferme

 

Dans son délibéré, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a suivi la demande de requalification du ministère public. Les faits de chantage reprochés à Bassi ont ainsi été requalifiés en tentative de chantage.

 

Le tribunal l’a déclaré coupable et l’a condamné à 24 mois d’emprisonnement, dont six mois ferme, ainsi qu’à une amende d’un million de FCFA assortie du sursis.

 

La juridiction a également donné acte à Mamou de sa décision de ne pas se constituer partie civile.

 

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Par Reine Zongo | Zoodomail.bf

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